Alors que les attaques s'enchaînaient sans prendre de champ, c'est à la fin du premier tour de circuit que la Finistérienne est sortie seule du peloton. “Le but était de mettre la pression sur les autres comités, explique-t-elle après la course. Nous avions un gros collectif et nous voulions en profiter. Marie-Morgane (Le Deunff) avait attaqué avant moi, et quand j'ai contré, j'ai réussi à faire un trou”.

 

Seule pendant la majeure partie de la course, la Finistérienne n'a jamais baissé le rythme, sans pour autant s'enflammer à l'approche des derniers kilomètres. “J'ai voulu prendre un maximum d'avance, sans  trop de risques, commente la nouvelle championne de France. Quand j'ai vu que je creusais l'écart, j'ai pris mon rythme. Je pensais que ça allait revenir de l'arrière, peut-être un groupe, dans le final… Mais ce n'est finalement jamais rentré”.

Au cœur d'un collectif homogène, les cartes ne manquaient pas aux Bretonnes pour décrocher la précieuse tunique. “On avait pour consigne d'attaquer chacune notre tour, et je pense que n'importe quelle fille de l'équipe aurait pu l'emporter sur cette course, confirme Squiban. C'est tombé sur moi cette fois-ci, c'est quelque chose d'assez extraordinaire”.

 

Consciente que le maillot changera les regards autour d'elle, la jeune fille de l'AC Gouesnou veut prendre son temps pour réaliser toute l'importance de sa victoire. “Ce n'est qu'en haut de la dernière montée que j'ai compris que j'allais gagner, confie-t-elle. Il y avait énormément de public breton pour m'encourager, et j'ai entendu que j'avais plus d'une minute d'avance en haut de la côte, c'était une sensation à part. Cela me prendra un peu de temps pour réaliser que je suis Championne de France, car c'est ma première victoire de cette envergure. Je me doute que je serai surveillée en course, avec le maillot bleu-blanc-rouge, mais je veux en profiter à fond”.

 

Quentin Lafaye
 

Article paru dans La Bretagne Cycliste, abonnez-vous en ligne