Armindo Fonseca, vous êtes passé tout près du podium (4ème) lors de la quatrième étape de l'Etoile de Bessèges. La condition a déjà l'air d'être bonne, non ?
Pour un début de saison, les sensations sont vraiment correctes. Dans le final de cette étape, l'équipe Fortuneo-Vital Concept m'a bien protégé. J'ai rarement été emmené comme ça au sprint, on a un super collectif et ça a payé. Jusqu'à 1.500 mètres de la ligne d'arrivée, j'ai été super bien emmené. Cela faisait d'ailleurs longtemps que je n'avais pas fait de sprint sur une arrivée en bosse. Mais au briefing, il avait été décidé que le sprint se jouerait entre Dan McLay et moi. A deux tours de l'arrivée, Dan m'a dit de me lancer. Toute l'équipe a fait un super boulot, je félicite chacun de mes coéquipiers pour leur travail.
 

Un top 4 dès le mois de février, ça doit faire du bien au moral…
Oui, moralement, c'est bien. A Bessèges, l'équipe m'a mis en confiance et ça m'a vraiment motivé. J'ai démontré que lorsque l'on joue ma carte, je sais répondre présent. C'est encourageant pour la suite de la saison. Quand on passe aussi près d'une victoire, on est toujours un peu déçu mais il n'y avait rien à faire face à Arnaud Démare, ce jour-là. 
 

Justement, qu'attendez-vous de cette 7ème saison chez les professionnels ?
J'ai envie de gagner, tout simplement. J'ai envie de retrouver le goût de la victoire. Je n'ai pas gagné depuis ma victoire sur le Tour de Vendée, en fin de saison 2014, et ça me manque. J'ai envie de gagner et j'ai également envie de disputer le Tour de France pour la quatrième fois d'affilée.
 

Selon vous, que vous a-t-il manqué pour gagner en 2015 et en 2016 ?
En 2015, j'ai payé mon hiver 2014 qui, honnêtement, n'a pas été assez costaud. Du coup, je me suis retrouvé à contre-temps durant toute la saison. Pour ne rien arranger, dès que j'arrivais en condition, j'étais embêté par des problèmes de santé. Disons que ça ne voulait pas sourire. Mais c'est en grande partie de ma faute. Je ne cherche pas d'excuse. Après ma victoire au Tour de Vendée, disons que j'ai été un peu plus sollicité. J'ai effectué un stage en équipe de France durant l'hiver ce qui m'a aussi retardé dans ma préparation.
 

Et en 2016…
En 2016, c'est différent. Mon programme du début de saison n'avait pas été très bien géré et j'ai eu du mal à remettre en route. En fait, je suis allé jusqu'à Paris-Tours en octobre 2015 et j'ai repris, dès le mois de janvier au Tour du Gabon. Je n'ai pas coupé assez. Je n'ai pas pu travailler en qualité durant l'inter-saison. Ce n'était pas judicieux de rependre aussi rapidement la compétition. Au Gabon, tout s'est bien passé dans la mesure où j'avais de la fraîcheur mais en cours de saison, j'ai payé mon approche de la saison. Je n'ai jamais été à 100% l'an dernier.
 

Du coup, c'est la déception qui a encore prédominé la saison passée…
Oui. Au final, j'étais déçu de ma condition et déçu de mes résultats. Début 2016, j'ai perdu l'un de mes meilleurs amis et cela m'a beaucoup perturbé. Je n'avais pas trop la tête à faire du vélo en début d'année et comme je n'ai jamais été à 100%, je n'ai pas fait une grande saison.
 

Elle n'avait rien à voir avec celle de 2014…
Oui, cette année-là, j'ai franchi un cap. Avec ma victoire au Tour de Vendée, ma victoire d'étape aux Boucles de la Mayenne mais aussi mes 3èmes places au Tour du Finistère, au Grand Prix de Plumelec et encore sur une étape du Tour Méditerranéen. Cette saison-là, je marchais vraiment bien. J'avais également terminé 4ème du Tour du Haut Var, 5ème de la Drôme et 7ème d'une étape de Paris-Nice. Avec l'équipe Bretagne-Séché Environnement, on avait su que l'on allait disputer le Tour de France pour la première fois, j'étais sur-motivé. J'avais la rage. Je pense avoir retrouvé cette rage.

 
Moralement, comment avez-vous vécu 2015 et 2016 ?
Pas très bien, évidemment. Quand on ne gagne pas… Ce n'était pas simple. Comme je marchais moins bien, l'équipe me protégeait moins que par le passé. Je suis rentré dans une spirale négative. J'ai eu du mal à sortir la tête de l'eau. Je me suis posé des questions, je me suis demandé pourquoi, d'une année à l'autre, cela ne voulait plus sourire. Mais c'est ça, le vélo. Quand vous êtes fort dans la tête, vous arrivez parfois à passer des bosses que vous ne passez pas lorsque vous êtes en plein doute.
 

Comment s'est déroulée la dernière inter-saison ?
Beaucoup mieux ! Je n'ai pas été contrarié dans ma préparation. J'ai effectué un hiver studieux et j'espère qu'il va porter ses fruits. Si je n'ai pas de problèmes de santé ou de carrosserie (rires), je dois avoir les moyens de réaliser une belle saison.
 

Où souhaitez-vous vous mettre en évidence ?
L'équipe Fortuneo-Vital Concept est en phase de progression et je suis prêt à faire le travail de coéquipier lorsque l'on me demandera. Mais j'espère avoir carte blanche sur certaines épreuves : il y a des manches de Coupe de France comme la Route Adélie, le Tour du Finistère. J'espère avoir un pic de forme en avril.
 

Vous parliez de l'équipe. On a l'impression qu'elle a pris la saison par le bon bout…
Oui, la victoire de Dan McLay lors de la dernière épreuve du Challenge de Majorque a mis l'équipe sur les rails. Maxime Bouet s'est classé deuxième, ce jour-là aussi, du Grand Prix d'ouverture. C'est bien parti et il faut continuer dans cette direction. C'est motivant de voir les copains de l'équipe marcher. La dynamique de ce début de saison est bonne.
 

Quelle est la suite de votre programme ?
Après le Tour de la Provence (21-23 février), je vais enchaîner avec la Classique de l'Ardèche-Rhône (le 25) et la Drôme Classic (26)…
 

Il y a également la perspective d'un quatrième Tour de France…
Je le souhaite. Le Tour, c'est énorme. Je l'ai découvert avec de grands yeux en 2014 et j'ai encore envie d'y retourner. Mon premier Tour de France reste d'ailleurs le meilleur souvenir de ma carrière : avec l'équipe Bretagne-Séché Environnement, on était les Petits-Poucet. On avait tous peur, on se demandait tous où on mettait les pieds et les neuf coureurs de l'équipe avaient réussi à terminer sur les Champs-Elysées. C'est un souvenir inoubliable.
 

Vous étiez parvenu à prendre l'un des premières échappées de ce Tour 2014 en Angleterre…
Oui. Avec toute cette foule, j'avais eu des frissons durant toute mon échappée. C'était incroyable ! Quand on a la chance d'être sur le Tour de France, il faut en profiter au maximum. Et si l'opportunité d'une échappée se présente, il ne faut pas hésiter. C'est aussi pour cela que j'avais encore fait un long raid devant, lors de l'étape d'Angers l'an dernier.

 

Revenons à vos ambitions 2017. Vous signez pour quoi ?
Pour une victoire, n'importe où mais une victoire ! J'ai très envie de gagner. Si je remporte une course en 2017, ma saison sera une réussite.
 

Interview parue sur La Bretagne Cycliste, Abonnez-vous en ligne !