21ème à Iowa City et 23ème à Waterloo, tu es content de ta rentrée Matthieu ?
Oui, dans l'ensemble c'est plutôt bien. Je sens que je suis un poil mieux qu'il y a un an à la même période. Mais on est encore très tôt dans la saison, il faut relativiser ces résultats car on est encore loin de l'hiver. C'était pour moi une bonne reprise pour voir ce qu'il faut travailler à l'entraînement. Il me manque de quoi faire des accélérations en course pour combler de petits écarts de cinq secondes comme il y en avait à Waterloo. Sinon, en septembre, c'est normal de ne pas être encore au maximum. On a aussi eu des courses à près de 35°C, ce qui est limite pour le cyclo-cross.
Comment te situes-tu par rapport aux Belges ?
Ils sont déjà bien au point et ils ont plein de jeunes nés dans les années 1990 avec un bon niveau. Sur les deux courses Mathieu Van der Poel a été au-dessus du lot. A vrai dire, même les Belges savaient qu'ils couraient seulement pour la 2ème place. J'ai revu des vidéos de Waterloo, Van der Poel est impressionnant aussi bien physiquement que techniquement. Il n'y a rien qui bouge, il n'a pas l'air du tout de souffrir alors qu'il y a une chaleur terrible. Après, derrière lui, il y a quand même des places à prendre. J'attends de la boue et des circuits plus physiques pour gagner des places car sur des circuits aussi secs, quinze secondes c'est très dur à boucher. Cela se joue au départ.
Te voilà 49ème du classement UCI…
J'ai marqué 107 points au USA car j'ai aussi fait 5ème et 7ème là-bas sur des C1 et C2. Je continue à progresser mais, niveau grille de départ, je dois encore gagner des points et être mieux placé. A un tel niveau, être en cinquième ligne est très pénalisant. Il faut se rendre compte que devant il n'y a que des pros de teams belges et il faut vraiment une circonstance de course au départ pour gagner rapidement des places. Maintenant je suis autour des 400 points UCI, avec 150 points de mieux je peux arriver dans le Top 30. Pour cela, je compte faire toutes les Coupes du Monde. Je me réjouis aussi de voir quatre Coupes de France cette année car ça fait quatre opportunités de marquer des points en C1. Je n'ai pas le choix, pour performer au niveau international, je dois être bien placé en grille de départ. Il me faut donc aussi marquer des points sur des C1 et C2.
Quels sont tes prochains objectifs ?
Le premier grand rendez-vous international est le championnat d'Europe qui aura lieu le 5 novembre à Tabor (République Tchèque). D'ici là, je vais disputer le calendrier français avec le C2 de Lutterbach (8 octobre) et la première manche de la Coupe de France à Besançon (15 octobre). J'aurai aussi la Coupe du Monde de Koksijde (22 octobre). Cela fait beaucoup de déplacements mais il faut passer par là. Plus tard, nous aurons nos grands rendez-vous à domicile comme la coupe de France de La Mézière (12 novembre) et le championnat de France de Quelneuc (14 janvier) qui est bien sûr mon plus grand objectif.
Peux-tu nous dire un mot sur l'opération de crowdfunding Degemer Matt' ?
Elle a été lancée par l'association Cyclo-cross Breizh qui a été fondée par des amis qui ont souhaité m'aider en apprenant combien me coûtait une saison internationale de cyclo-cross. Vue la situation géographique de la Bretagne, nous, cyclo-crossmen Bretons, sommes pénalisés, les déplacements et les hébergements nous coûtent chers. L'opération de crowdfunding a pour but d'aider au financement de ces déplacements. L'association souhaite m'aider, mais pas seulement moi, si les finances le permettent, elle pourra engager d'autres Bretons, hommes ou femmes, sur les Coupes du Monde. Le cyclo-cross breton a un gros potentiel sportif, mais en catégorie élite, les déplacements ne sont plus pris en charge par la fédération. L'hiver dernier, beaucoup de gens étaient contents de me voir sur La Chaîne L'Equipe quand je disputais les Coupes du Monde. J'étais moi-même fier de représenter la Bretagne à ce niveau mais cela m'a coûté beaucoup d'argent. C'est sûr, sans aide, un coureur amateur ne peut pas continuer longtemps sur le circuit international.
Comment peut-on participer à ce crowdfunding ?
L'association a créé le site cyclo-cross.bzh, où le projet est bien présenté. Ceux qui veulent aider donnent ce qu'ils veulent, c'est vraiment libre, le don est libre dès 1€€. C'est aussi un projet global qui me donne aussi beaucoup de motivation. Se sentir soutenu est important quand on est cyclo-crossman amateur. Je me retrouve parfois loin de la Bretagne et songer que des gens me suivent et me soutiennent est une source de motivation supplémentaire. En plus, je pense que c'est aujourd'hui important d'être sur les Coupes du Monde car elles sont désormais diffusées par La Chaîne l'Equipe et donnent une opportunité de médiatiser notre cyclo-cross breton à travers moi, mais aussi à travers d'autres coureurs. Ce crowdfunding, c'est aussi un projet pour l'avenir de notre cyclo-cross…
Damien Chemillé
